Romain Gary, huile sur toile de William Mathieu, 140 x 90 cm, 2012

mardi 26 juin 2012

"Supplément à la vie de Barbara Loden" de Nathalie Léger (P.O.L.)


Si par hasard vous n'avez pas déjà vu le magnifique film "Wanda" de Barbara Loden, une chose est sûre : vous chercherez à tout prix à le voir après avoir lu ce livre de Nathalie Léger. Et si vous l'avez déjà vu et apprécié, comme moi, vous allez avoir envie une furieuse envie de le revoir. Et pour cause... dans ce roman superbe, Nathalie Léger fait revivre Barbara Loden, réalisatrice, actrice et ancienne pin-up, épouse d'Elia Kazan et décédée d'un cancer en 1980. "Supplément à la vie de Barbara Loden" (un très beau titre !), récompensé par le prix du livre Inter 2012 est une enquête sur une femme artiste (Loden), sur un personnage de fiction (Wanda), sur une femme impliquée dans le fait divers qui inspira le film ... et au-delà sur la mère de l'auteur, sur l'auteur elle-même et sur toutes les femmes, sur leurs fragilités et leur errances, leur manque de confiance, sur les erreurs aussi, en particulier au sujet de l'amour. 


Marguerite Duras a dit à propos de ce film : « Je considère qu’il y a un miracle dans "Wanda". D’habitude il y a une distance entre la représentation et le texte, et le sujet et l’action. Ici cette distance est complètement annulée, il y a une coïncidence immédiate et définitive entre Barbara Loden et Wanda ».


Un très très beau livre comme on aimerait en lire plus souvent. Bravo aux membres du jury du livre Inter d'avoir choisi ce livre qui parle si bien du cinéma et des femmes. Et un grand merci à Sébastien, mon ami et libraire préféré qui m'a offert ce livre.   

samedi 23 juin 2012

Ma participation à un jury littéraire


Pour la première fois cette année j'ai l'occasion de participer à un jury de prix littéraire. Il s'agit du Prix Océans organisé par France Ô et Babelio. Ce prix dont c'est la première édition cette année récompense un roman publié dans l'année écrit ou traduit en français et mettant en lumière des valeurs d'ouverture sur le monde, d'échanges, de dialogue des cultures et d'humanisme. Le parrain du prix est l'écrivain Alain Mabankou ce que je trouve assez réjouissant, sachant qu'il défend une littérature de l'imaginaire aux fenêtres ouvertes sur le monde, loin du parisianisme et de la coterie littéraire et que d'autre part c'est un écrivain que j'apprécie.
Voici les 12 livres en compétition (je n'en ai lu qu'un, "Tangente vers l'Est") : 11 découvertes en perspective donc, d'autant que je n'ai jamais lu aucun livre de ces 11 auteurs) :

Sauvage, Nina Bouraoui (Stock) ;

L'empreinte à Crusoé, Patrick Chamoiseau (Gallimard) ;

En chute libre, Carl de Souza (L'Olivier) ;

Il était une fois, l'Algérie, Nabile Farès (Achab) ;

Le glacis, Monique Rivet ( Metailié) ;

Des fourmis dans la bouche, Khadi Hane (Denoël) ;

Les racines du yucca, Koulsy Lamko (Philippe Rey) ;

Tangente vers l'est, Maylis de Kerangal (Verticales) ;

Malta Hanina, Daniel Rondeau (Grasset) ;

Notre-Dame du Nil, Scholastique Mukasonga (Gallimard) ;

Bizango, Stanley Péan (Les Allusifs) ;

Rêves oubliés, Léonore de Recondo (S. Wespieser).


Je vous tiendrai au courant de ces lectures et du déroulement du Prix Océans sur le Pandémonium bien entendu. 

Pour tout savoir sur ce prix, successeur du prix R.F.O., rendez-vous ici

mardi 19 juin 2012

L'Essentiel, une librairie à découvrir



Aujourd'hui, j'ai envie de vous faire découvrir une belle librairie indépendante, animée par une équipe dynamique et qui propose un large choix de livres de fonds et de nouveautés. La librairie "l'Essentiel" se situe à Casteljaloux, dans le Lot-et-Garonne (47) et reçoit régulièrement des écrivains dont les deux plus récents sont Bruce Machart, écrivain américain auteur de "Le sillage de l'oubli" (Gallmeister) et Léonor de Récondo, auteur de "Rêves oubliés" (Sabine Wespieser). Cet été encore, plein d'animations sont prévues à la librairie mais aussi hors les murs, en particulier une balade littéraire avec l'écrivain Manon Moreau, auteur de "Le vestibule de causes perdues" (Editions Delphine Montalant) dans plusieurs villes du département.
Autre particularité de cette librairie sur laquelle j'aimerais mettre l'accent ici : leur camion-bus qui sillonne les routes du département et des départements limitrophes quotidiennement avec à son bord, d' accueillantes et compétentes libraires ainsi que 4000 références de bouquins (littérature, pratique, jeunesse, etc.). Et si vous ne trouvez pas ce que vous cherchez dans ce camion joliment décoré, vous pouvez commander le livre que vous désirez (parmi les 900 000 références de la base Dilicom) et venir le chercher lors du prochain passage du camion.



Dans les zones rurales où l'absence de librairies se fait cruellement sentir, cette initiative est vraiment appréciable et je tiens à la saluer.
Si vous ne venez pas à l'Essentiel, l'Essentiel viendra à vous...

Communes desservies par le camion-librairie (une ou deux fois par mois) : Mézin (c'est là où je suis allée à sa rencontre),Miramont de Guyenne, Seyches, Roquefort, Tonneins, Grateloup, Clairac, Damazan, Buzet, Prayssas, Nérac, Sos, Captieux, Castillonnès, Lauzun, Aiguillon, Luxey, Callen, St-Michel-de-Castelnau, Préchac, La Réole, Lerm et Musset, Meilhan sur Garonne, Castelmoron sur Lot, Sore, Allons, Houeillès, Auros, Cocumont, Xantrailles, Cazaubon, Cancon.    

Le blog de la librairie pour tout savoir c'est ICI.

lundi 18 juin 2012

« Polaroïds » de Laure Mi Hyun Croset (Editions Luce Wilquin)



Cette auto-fiction récompensée par le Prix Eve 2012 de l’Académie Romande est le deuxième livre de Laure Mi Hyun Croset après « Les velléitaires » dont j’ai déjà dit ici tout le bien que j’en pensais. Elle y fait le récit de sa vie de jeune femme, née en Corée en 1973 et adoptée par des parents suisses. Son père professeur de mathématiques, sa mère infirmière, ses frères et sœurs, son enfance et son adolescence durant lesquelles elle tentait maladroitement de s’intégrer, ses relations difficiles avec les hommes, ses tentatives parfois maladroites pour trouver sa place dans la société : tout cela nous est raconté avec simplicité et sincérité sans pathos inutile et dans une langue agréable et élégante. Entre orgueil et fragilité, au fil de multiples tâtonnements sentimentaux, professionnels et artistiques, c’est ni plus ni moins que la quête identitaire d’une jeune femme moderne qui se déploie dans cette petite centaine de pages qu’on lit d’une traite, partageant le destin de cette petite fille chétive et mal dans sa peau devenue femme, devenue écrivain. Un beau parcours que celui de Laure Mi Hyun Croset et un livre que je vous encourage à lire !

vendredi 15 juin 2012

"Icare", huile sur toile de William Mathieu

 

 

Escalier caramel

Un escalier caramel. Crème caramel. Crème renversée. Vertige.
Vous vous trouvez dans un escalier étroit, étroit à tous le sens du terme. Longueur et largeur des marches très réduites. Que faîtes-vous là ? Où mène cet étrange escalier caramel ? Et d’où vient-il ? Etes-vous en train de le descendre vers les bas-fonds ou de monter au sommet ? Peut-être êtes-vous en train de monter vers les cieux, vers la gloire et vous retournez-vous sur le chemin parcouru depuis le ruisseau. Vertige.

Un escalier caramel. Un conte de Grimm. Vous êtes attiré irrésistiblement par cette maison en pain d’épices et aux fenêtres en sucre. Vous en avez l’eau à la bouche. Vous êtes Hansel ou Gretel ou les deux à la fois. Vous frappez à la porte et c’est une sorcière qui vous accueille. Vous comprenez vite qu’elle veut vous croquer mais il est presque déjà trop tard …Vous réussissez à la jeter dans le four alors qu’elle s’apprêtait à vous y faire rôtir. La sorcière meurt carbonisée sous vos yeux admiratifs de pervers polymorphes. Vous vous échappez de la maison en pain d’épices  après lui avoir dérobé ses perles et pierres précieuses.  

Un escalier caramel. Un conte populaire anglais. Un lien entre le ciel et la terre. Vous êtes le petit Jack et l’escalier est votre Haricot magique à vous. Un escalier germé à partir de graines magiques que vous a vendu un inconnu à l’air louche rencontré sur le marché. Une fois grimpé en haut de l’escalier magique, vous suivez une large route et frappez à la porte d’une grande maison. Là, vous rencontrez la géante, vous lui dîtes que vous avez faim et vous lui demandez si elle a quelque chose à vous donner à manger avant que vous ne tombiez d’inanition. Elle essaie de vous mettre en garde contre son mari, un ogre pas commode, surtout quand il a faim. Vous réussissez à échapper à l’ogre et redescendez par l’escalier magique. Finalement, vous rapportez à votre mère avec qui vous vivez dans la misère des pièces d’or puis, après une autre visite chez l’ogre et sa géante, une harpe d’or.

Un escalier caramel. Peut-être n’êtes-vous pas un utilisateur de cet escalier mais cet escalier lui-même. Votre rampe n’est-elle pas conçue pour faire chuter ceux qui se risquent à s’y appuyer plutôt que pour les aider à monter en haut sans encombre ? Avez-vous vraiment envie que tout le monde parvienne à gravir vos marches ridiculement minuscules pour des pieds humains ? Peut-être n’êtes-vous qu’un piège pour les affamés? Vertige.

samedi 9 juin 2012

Parution de l’Ampoule numéro 4



L’Ampoule, la revue littéraire, toujours aussi énervée, gratuite et numérique des éditions de l'Abat-Jour revient avec un numéro 4 sur le thème des énigmes et des labyrinthes.
Au programme, une centaine de pages de nouvelles, d’articles et d’illustrations dans lesquelles pas moins de vingt-six écrivains, peintres, graveurs, dessinateurs et photographes revisitent chacun à leur façon le mythe du labyrinthe et soumettent à la sagacité des lecteurs toutes sortes d’énigmes, souvent littéraires, plus tordues les unes que les autres.

A l’intérieur de ce numéro, une clé cachée (Alain Lasverne), le monument de Yonaguni (Julien Bielka), un dieu-labyrinthe (Philippe Sarr/Shin), une étonnante contre-utopie imaginée par N.A.G., des hommages très personnels rendus à Sterne (Christophe Esnault), Bolaño (Nicolas Gracias) et Cortázar (Marianne Desroziers), une chambre blanche (Cyril Carraz), l’exploration d’un film labyrinthique de David Lynch par Clara de Asís, une réflexion sur l’hermétisme signée Christian Attard … et même un étonnant jeu-concours (avec un livre à gagner) proposé par Georgie de Saint-Maur.

Au sommaire également les textes de Guillaume Siaudeau, Gilles Josse, Pascal Yves Bossman, Catherine Bédarida, Muriel Friboulet, Sébastien Marcheteau, Robert Lasnier, Antonella Fiori, Déborah Giard et Marc Séfaris, ainsi que les illustrations de François Robert (gravure), Jacques Cauda (peinture), Julie Garnier (photographie), Shin (dessin) et Marray (dessin).

Tous vos retours de lecture sont les bienvenus en commentaire de ce billet.