Les éditions le Chemin de fer rééditent un roman de Béatrix Beck intitulé "Cou coupé court toujours", texte enrichi par les illustrations d'une jeune artiste, Mélanie Delattre-Vogt. Une triple découverte pour moi qui avais juste entendu parler de cette maison d'édition, qui voulait découvrir cette écrivain suisse depuis un moment déjà et qui ne connaissait par cette artiste qui a relevé le défi de s'immerger dans le texte foisonnant de Béatrix Beck.
Parlons d'abord de l'objet. Le livre est beau, d'un format assez petit, cousu, imprimé sur un beau papier épais, avec un rabat qui peut servir de marque page.
Malheureusement, je dois dire que je suis restée totalement hermétique à l'univers visuel de cette jeune artiste qui semble pourtant reconnue dans le milieu de l'art si j'en juge par ses expos personnelles et ses publications.
Venons-en maintenant au texte de Béatrix Beck que j'ai énormément aimé. Il y est question d'un homme veuf qui survit tant bien que mal avec ses deux filles. Les thèmes développés par Béatrix Beck (la déviance dans la cellule familiale, l'inceste, la mort) peuvent certes mettre mal à l'aise le lecteur mais la jubilation de la langue de l'auteur est contagieuse et rend le livre très agréable à lire. Jeux sur les mots, absence de ponctuation, phrase et mot suspendu ... on sent un je ne sais quoi de Queneau chez Béatrix Beck, auteur suisse naturalisée française (1914-2008). J'ai aussi beaucoup pensé à Hélène Bessette en lisant Beck car les deux femmes ont de nombreux points communs. Toutes deux édités par Gallimard dans les années 50, récipiendaire de prix littéraires, puis remerciées par l'éditeur en raison de la faiblesse de leurs ventes, elles explorèrent toutes les névrose familiales en passant par la tentation autobiographique tout en assumant leur part de fiction.
Un excellent court roman que je vous conseille vivement ... en attendant peut-être que je fasse la critique d'un autre de ses livres sur le Pandémonium puisqu'elle a beaucoup publié.
Merci à Libfly pour cette lecture en partenariat.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire