« De la création littéraire en ligne à l’édition numérique : deux chiffres et des lettres ». Tel était le titre de la rencontre à laquelle j’ai assistée ce samedi 31 mars à l’Escale du livre à Bordeaux. Ce thème a été débattu par trois intervenants, écrivains, directeur de revue, éditeur. Les échanges ont été plutôt stimulants, malgré le manque de dynamisme de l’intervieweur (problème récurrent à l’Escale malheureusement !). Il était évident que nous étions là face à trois passionnés de littérature ayant une solide culture littéraire, avec un net penchant pour la littérature américaine (Thomas Pynchon, Mark Z. Danielewski etc.).
Même si l’on peut trouver quelque peu osé ou pour le moins audacieux la tentative d’Eric Pessan de faire de la littérature (et finalement un livre papier) avec des messages écrits pour Twitter, il a tenu des propos très pertinents sur son expérience de collaboration à Remue.net, le site de création littéraire et critique fondé par François Bon. Celui-ci reçoit beaucoup de propositions et fait un vrai travail de défricheur littéraire.
Caroline Hoctan, fondatrice de la maison d’édition en ligne D-Fiction a fait preuve d’un enthousiasme communicatif en évoquant toutes les possibilités nouvelles offertes par les e-books (notamment l’insertion des vidéos dans le texte).
Avec Mathieu Larnaudie, fondateur de la revue les Incultes puis des éditions du même nom, il a été question de l’importance des revues littéraires (qu’elles soient en ligne ou papier) dans le paysage littéraire où elles ont une fonction d’instance de légitimation. En effet, il faut en passer par le regard d’un éditeur, d’un directeur de revue, d’un comité de lecture pour faire émerger des jeunes écrivains talentueux qui sans cela seraient perdus dans le magma des écrits d’auteurs visibles sur Internet.
Il a également été question des blogs littéraires dont Eric Pessan a reconnu que certains étaient de très grande qualité et servaient de repères pour des lecteurs perdus parmi tous les livres qui paraissent chaque année.
Deux regrets tout de même par rapport à ce que l’on aurait été en droit d’attendre d’une telle rencontre.
Tout d’abord, il n’a jamais été question d’argent, or dans l’édition aussi l’argent est le nerf de la guerre et il faut bien que la maison d’édition ou la revue en ligne en gagne si elle ne veut pas mettre la clé sous la porte. Dans cette rencontre, il n’a nullement été question du modèle économique de l’édition en ligne, du bouleversement de la chaîne du livre que celle-ci entraîne. Je sais qu’il y avait une autre rencontre de programmée autour des réseaux sociaux mais j’aurais aimé que les intervenants nous parlent de l’importance de la communication pour une petite maison d’édition ou revue en ligne qui se lance. En effet, tous les jours de nouvelles maison d’édition en ligne voient le jour et il me semble que seules celles qui ont les moyens de communiquer arriveront à se faire connaître et à vendre leurs livres.
Heureusement, l’essentiel a été dit, à savoir que ce qui fait un bon éditeur numérique comme papier c’est de savoir choisir ses textes et ses auteurs. De même, un bon écrivain reste un bon écrivain, qu’il soit publié en livre électronique ou en livre papier.
A visiter pour aller plus loin :
"Pour un devenir-monstre de l'édition en ligne", article de Clément Bulle, sur le site de Pierre Jourde ici.
Le site de D-Fiction :
http://d-fiction.fr/
Le site de Remue.net ici.
Le site des Incultes :
http://www.inculte.fr/
Merci pour cet enrichissant compte-rendu !
RépondreSupprimerJ'aurai bien aimé aller au Salon du livre de Paris pour rencontrer quelques écrivains et blogueurs mais ça n'a pas été possible. Bordeaux c'est bien aussi... Ce que je n'ai pas dit c'est qu'il y avait une file d'attente interminable pour la rencontre avec Michel Onfray, la star du salon cette année.
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