Voici un succulent petit livre publié en 1967 sous le pseudonyme de Bustos Domecq, en réalité personnage fictif créé par deux grands écrivains argentins : Jorge Luis Borges (auteur du génial recueil de nouvelles "Fictions") et Adolfo Bioy Casares (auteur du très beau roman "L'invention de Morel").
Le livre se présente comme une succession de chroniques d'un certain Bustos Domecq qui se met en scène de façon très prétentieuse, éclipsant ainsi les artistes, peintres, écrivains, architectes dont il critique les oeuvres. Les oeuvres en question se résument il est vrai souvent à pas grand chose : un espace vide entre deux monuments, des titres de livre, etc.
On peut voir dans cet amusant livre une double critique. A la fois critique des critiques dont le discours creux et emphatique suffit parfois à faire passer n'importe quel écrivaillon ou peintre du dimanche pour le génie du siècle. Mais aussi critique de certains mouvements d'avant-garde dans lesquels la créativité et l'originalité sont quasi nulles et les oeuvres ainsi produites proches de l'escroquerie intellectuelle.

voilà qui m'inspire! j'ai étudié Borges à la fac, et on ne peut pas dire que j'ai tout aimé, mais ce livre là m'intrigue pas mal...
RépondreSupprimerMarianne, j'ai lu ces chroniques assez jeune, lors de leur traduction en français. Curieusement j'ai été attiré par le titre. Mes souvenirs sont flous, je me souviens surtout d'avoir été intrigué. Depuis, un auteur, critique d'art et critique de critique a repris le nom de Bustos, Jean-Philippe. Il mérite vraiment le détour.
RépondreSupprimerMerci pour l'info Christian : je crois que j'ai trouvé le blog de ce critique qui semble très intéressant : http://leblogdedomecq.blogspot.com/
RépondreSupprimerAh ça ! J'ignorais qu'il avait un blog... Oui, oui, c'est bien lui. Merci Marianne.
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