Vous-même, avez-vous un blog ? Etes-vous un internaute aguerri avec un réseau de blogueurs que vous suivez ? Quelle est votre pratique d’Internet ?
Je n’ai pas vraiment de blog, le Facebook à mon nom (http://www.facebook.com/brunogaia) me sert de lien avec tous ceux qui souhaitent s’intéresser à mon travail.
Ce n’est pas que j’aime ce site particulièrement, mais l’interface me convient. Elle permet de créer du contact et est simple d’utilisation. Ça me suffit.
Je gère aussi le blog « myspace » de Herb Project, le groupe dans lequel je joue, et cela prend un certain temps, surtout quand le groupe fait des concerts.
Quand à ma pratique d’Internet…
Disons pour l’illustrer que je viens de déménager et que si je dois tenir encore trois jours de plus sans ma connexion, il va falloir me prescrire des antidépresseurs !
Je suis actif sur des tonnes de blogs et me sert d’Internet pour chercher une chose ou une autre (en particulier lorsque j’écris) au moins vingt fois par jours.
Honnêtement, malgré le mal que j’en pense quand il s’agit de voler de la musique ou de l’image qui a beaucoup coûté à produire (et pas uniquement de l’argent !), je pense qu’Internet est une chose formidable.
Plus encore que toute autre chose, c’est la meilleure arme pour éradiquer la bêtise, lutter contre les obscurantismes, les totalitarismes et finir de tuer dieu, le pire tyran que l’humanité ait connu.
Tous les intégristes et les liberticides du monde ne peuvent pas lutter contre cette lumière déjà perpétuelle qui y jaillit : l’échange d’information en continu, non censurée, non censurable, et en temps réel.
Tôt ou tard - si nous parvenons à nous en laisser le temps en ne détruisant pas la biosphère trop vite -, nous constaterons qu’Internet à rendu les hommes meilleurs en les sortant peu à peu des cavernes où beaucoup se cachaient encore ; dont un célèbre barbu enturbanné au nez fort et au regard fourbe qui se sert beaucoup d’Internet pour communiquer sa haine de la liberté sans, visiblement, avoir encore compris qu’il caresse à chaque fois le dernier clou qui s’enfonce petit à petit dans le cercueil de dieu.
Ah, la mort de dieu ! L’horrible dieu « uranien » qui contrôle tout, juge tout, emprisonnant et humiliant la femme, castrant l’homme et faisant couler tellement de sang pour se nourrir de la croyance aveugle de ceux à qui il crève les yeux… Ce « même », cette idée-virale qui sert tantôt d’arme, tantôt de joug, et tantôt juste de raison d’être stupide et lâche.
Voilà un enterrement auquel on ne me verra pas. J’irai discrètement au cimetière, plus tard, cracher sur la tombe. Et puis, je renterais chez moi voir sur Internet quelle nouvelle espèce de salaud on aura posé à sa place, pour reprendre le combat.
Car il n’a pas de fin, ce combat-là.
Avez-vous eu des critiques de lecteurs qui vous ont surpris (en bien ou en mal) ?
Toutes les critiques positives m’ont surpris !
Je manque tellement de confiance en ce que je fais, qu’elles m’ont toutes laissé heureux mais étourdi. À ce titre, la vôtre ne fait pas exception !
Les critiques négatives… À vrai dire, j’en ai reçu très peu, car mon éditeur ne me les donne pas, et ceux qui les font ne me contactent pas directement sur Facebook, alors…
C’est un peu idiot, d’ailleurs, car ce sont les critiques négatives qui sont le plus utiles pour progresser. Je le dis chaque jour à mes élèves !
Vos projets avec les éditions E P & L A ?
Mon prochain roman, bien sûr !
Une participation à une œuvre chorale sur le thème de la littérature pour laquelle j’ai déjà écrit une longue nouvelle sur le principe de ma collection, « Le hasard fait-il bien les choses ? » (dont certains textes de « Au Hasard » émanent, bien sûr), avec, pour contrainte, le fait de tirer le titre de la nouvelle au hasard dans le dictionnaire.
Oui, on l’aura compris, j’aime la contrainte en art ; presque autant que j’aime passionnément la liberté dans la vie !
Quel sera votre prochain livre ? Quand doit-il paraître ?
Mon prochain livre est en cours, donc, et c’est un monstre…
Le scénario est dans ma tête, intégralement, depuis plusieurs années. Je l’ai déjà commencé deux fois, jeté des dizaines et des dizaines de pages.
Mais cette fois, grâce à Thomas Dreneau (encore lui !), je m’y attelle pour de bon ! De toute façon, je n’ai pas le choix, Monsieur Dreneau me harcelle chaque jour sur mon lieu de travail, me traitant de fainéant si j’ai le malheur de lui dire que je n’ai pas travaillé la veille ! Et la Terre sait qu’il a raison : ma fainéantise a toujours été mon pire ennemi en littérature, comme en toute autre chose d’ailleurs!
Ce sera un roman constitué de journaux intimes, donc gothique à sa façon.
Ce que je peux vous en dire pour l’instant, c’est qu’il commence par cette citation d’un des personnages : « Il faudrait se doter d’un nouvel humanisme qui prenne clairement en compte la possibilité que nous soyons des monstres. »
Un coup de cœur littéraire récent ?
En ce moment, je lis beaucoup Amélie Nothomb.
Je sais, c’est bizarre de ne la découvrir que maintenant, mais, bon… Les circonstances de la vie, une fois de plus. Je n’aime pas tout ce qu’elle a écrit. Mais ce que j’aime me donne envie de tout lire, sans exception.
Un gros, gros, coup de cœur pour Haruki Murakami (que je lis en anglais, parfois en français, mais malheureusement pas en japonais…) depuis un peu plus d’un an. Je pense avoir lu toutes ses œuvres d’ici la fin de l’année. C’est à mon sens, un très grand. Ses nouvelles sont excellentes, ses romans font l’effet d’une drogue douce. Je dois me forcer pour lire d’autres auteurs entre deux livres de Murakami depuis quelques mois. J’ai trop peur de me lasser par overdose !
Ah oui, aussi, j’ai relu « To the Lighthouse » de Virginia Woolf, il y a peu. Une merveille absolue à redécouvrir sans cesse.
Et puis, certains soirs, je lis un petit Tom Sharpe, histoire de rire un bon coup. Ca m’évite de manger trop de steaks et de prendre des anxiolytiques; ça fait des économies en ces temps de crise!
Pour finir : Pierre Mérot que j’ai (re)découvert grâce à Thomas Dreneau. Je ne connaissais de lui que « Petit Camp » que j’avais acheté un peu par erreur, mais je viens de découvrir ses romans plus traditionnels : une écriture incisive, vigoureuse, moderne. J’adore !
Un livre de la rentrée littéraire lu et aimé ?
Pas encore, mais cela ne saurait tarder car, dès que j’ai terminé de lire ce que j’ai commencé, je devrais sans problème trouver mon bonheur sur votre site, n’est-ce pas ?
Je conclurais cette interview en vous remerciant chaleureusement de me l’avoir proposé. C’est, en effet, la toute première fois que je réponds à des questions en tant « qu’écrivain », et c’est avec un grand plaisir que je le fais sur votre site.





















