Romain Gary, huile sur toile de William Mathieu, 140 x 90 cm, 2012

mardi 16 novembre 2010

"Vivre dans le feu. Confessions" de Marina Tsvetaeva (Le Livre de poche)


« Eparpillés dans des librairies, gris de poussière,
Ni lus, ni cherchés, ni ouverts, ni vendus,

Mes poèmes seront dégustés comme les vins les plus rares

Quand ils seront vieux. »

Elle disait que personne ne voulait de son feu intérieur, bon qu’à chauffer les bouilloires, elle voulait écrire un roman sur un philosophe et une sorcière, elle aimait les livres, les grosses bagues en argent, les robes … et surtout être amoureuse (de son mari mais d’autres aussi : souvent de façon platonique et à sens unique). Femme passionnée et prompte à s’enthousiasmer pour les œuvres et les gens rencontrés, elle a souffert de l’incompréhension de ses contemporains, de l’exil, de la faim, de la mort des ses proches, de la solitude. Si elle n’avait été russe, elle aurait pu être la sœur jumelle de Virginia Woolf : née et suicidée presque en même temps ! Elle s’appelait Marina Tsvetaeva : il nous reste quelques portraits d’elle, ses poèmes, son journal, sa correspondance (notamment avec Rilke et Pasternak).

« Vivre dans le feu » est une autobiographie de la poétesse russe reconstituée par Tsvetan Todorov grâce à dix tomes d’écrits intimes publiés en russe. On y découvre la femme de lettres, la femme amoureuse, la mère inquiète qui tente de survivre dans la Russie du début du siècle tout en gardant sa liberté et sa flamme.
Un livre qu'il est bon d'avoir comme livre de chevet - c'est mon cas - pour le lire lentement afin qu'il accompagne le lecteur pendant des mois et des mois...

Extraits :

« La littérature ? - Non ! - Quel "littérateur" suis-je, si je suis prête à donner tous les livres du monde - ceux des autres et les miens - pour une seule petite flammèche du feu de Jeanne ! Pas de littérature, - l'auto-dévoration par le feu. »

« Pour vivre - j'ai besoin d'aimer, c'est-à-dire d'être ensemble. J'ai besoin de chacun car je suis insatiable. Mais la plupart du temps, les autres n'ont même pas faim, d'où cette attention éternellement tendue : a-t-on besoin de moi ? »

« Je ne crains qu'une seule chose au monde - ces moments où en moi la vie se fige. »

A écouter (et réécouter) : "Marina Tsvétaeva", la magnifique chanson de Dominique A sur l'album "Sur nos forces motrices" en 2007. 









8 commentaires:

  1. Merci à toi de parler de la grande Marina! J'espère que tu vas bien. Je t'embrasse, Séb

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  2. Je n'oublie pas que c'est toi qui me l'a fait découvrir, cher libraire sachant lire...elle et quelques autres : sois-en remercié ici publiquement !

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  3. C'est un livre tout à fait extraordinaire et comme tu le dis c'est un de ces livres qu'on ne finit jamais de lire ou de relire
    j'aime aussi beaucoup la correspondance croisée avec Rilke et Pasternak

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  4. Je n'ai pas encore lu cette correspondance à trois avec Rilke et Pasternak mais ça sera je pense une de mes prochaines lectures car on m'en a dit beaucoup de bien !

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  5. C'esdt effectivement l'une des plus belles correspondances littéraires... Je parle en toute subjectivité, Rilke étant aussi l'un de mes poètes préférés.
    Bonne lecture donc!

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  6. La correspondance avec Rilke et Pasternak est absolument possionnante. Quant à Vivre dans le feu, le titre déjà exprime l'intensité incroyable de Marina Tsvetaieva. Deux livres indispensables ! frederic

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  7. Deux questions me sont venus à la lecture de ce beau billet:

    1) Pourquoi je n'ai pas lu ce livre?
    2) Pourquoi n'est-il pas dans ma bibliothèque?

    Mon libraire l'ayant en rayon j'ai pu régler le point N°2, le point N°1 doit pouvoir maintenant se régler...

    Merci!

    P.S: Sur le sujet des écrivains victimes du Stalinisme, j'ai lu un livre remarquable de Robert Littell, une hirondelle avant l'orage sur le destin tragique de Mandelstam.

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  8. Si j'ai pu vous faire découvrir Tsvetaeva, ma journée n'aura pas servi à rien. Idem quand je parviens à faire lire Jean-Pierre Martinet ou Hélène Bessette à des lecteurs curieux : c'est vraiment une très grande satisfaction ! J'ai entendu parler du livre sur Mandelstam mais je ne l'ai pas lu : une prochaine lecture peut-être...au milieu de tous ces livres qui me tendent les bras, la tentation est grande de se laisser séduire.

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